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Félix VEILLET-DESLANDELLES

Pour ne pas oublier leur histoire et leur sacrifice, faisons revivre un moment ce jeune résistant :

Félix Veillet-Deslandelles est né le 13 décembre 1922 à Moncontour. Son père est huissier de justice.

Après l’enseignement primaire qu’il reçoit à l’école des Frères, il entre en 1936 au collège Saint-Charles à Saint-Brieuc. Il obtient le baccaulauréat de l’enseignement secondaire en 1941 et poursuit à Rennes pendant deux ans des études de droit couronnées de succès puisqu’il obtient deux certificats de licence.

En juin 1943, Félix, réfractaire au S.T.O. part se camoufler dans une exploitation forestière des Landes. De là, Félix revient dans un maquis de Saint-Cast. Bientôt, il rejoint Édouard Martin, un ami, à Saint-Brieuc où le père d’Édouard, entrepreneur, les engage, bien sûr, d’une façon fictive, pour travailler sur ses chantiers. En fait, ils transportent des armes entre Saint-Brieuc et Moncontour. Selon Marie-Paule Salonne, Félix voyage « les poches bourrées de grenades, la ceinture garnie de révolvers jusqu’à faire craquer ses vêtements, son sac de bicyclette rempli d’explosifs ou de journaux clandestins : il a de la mèche jusque dans ses chaussettes ».

Très vite en rapport avec l’abbé Fleury et le Commandant Métairie, résistants de Saint-Brieuc, il seconde à merveille l’action de ceux-ci dans le département. Il organise et devient le chef de l’OR 14, réseau de la Résistance pour tout le secteur de Moncontour (Hénon, Quessoy, Le Gouray, Collinée, Pommeret et Plouguenast). « Il a réussi les missions les plus périlleuses et organisé de nombreux maquis dans un secteur fortement occupé par l’ennemi... » comme le précise la citation qui accompagne sa croix de guerre. Ses actions seront développées en même temps que celles de ses compagnons parce que Félix ne se vantait jamais, il se donnait sans réserve, « il savait transmettre aux autres le désir de se battre sans espoir de félicitations ou de récompense », alors il faut respecter l’abnégation de celui qui affirmait avoir fait le sacrifice de sa vie pour la France.

Traqué par la Gestapo, il continue son œuvre avec calme et mépris du danger, faisant l’admiration de tous ses camarades de combat. Animé du patriotisme le plus pur, il use ses forces au service des F.F.I., ne s’accordant aucun répit.
Alors qu’il attend, avec de nombreux compagnons, un parachutage d’armes de la part des Anglais, dans la ferme des Salles à Hénon, les Allemands, sans doute bien renseignés par un dénonciateur, encerclent et attaquent la cachette des maquisards, le 10 juillet 1944. Il est fait prisonnier après un combat d’une heure trente. Dans son livre Fends la bise Marie-Paule Salonne affirme que Félix, ainsi que Louis Dieulesaint, Édouard Martin et le Lieutenant Robert Hanus, dit Raoul, se sacrifient pour couvrir la retraite de leurs hommes, en tenant tête à l’ennemi jusqu’à épuisement des munitions, et en tuant une trentaine de leurs assaillants. A vingt-deux ans, celui qui avait fait don de sa vie à la France, est conduit à Uzel, « cette ville renommée pour son atroce salle de tortures dont le seul nom fait frémir ».

Le témoignage de Madame Baratoux, qui servait de relais pour les parachutistes, elle aussi arrêtée et conduite à Uzel, est poignant de vérité Elle a vu Félix, Louis et bien d’autres entre les mains des Allemands et des miliciens. Rapportons toujours, grâce à Marie-Paule Salonne, le martyre de ces jeunes gens : « Je les ai vus passer allant à l’interrogatoire. Et j’ai entendu les coups, les cris gutturaux des Boches et les cris de douleur des martyrs. Le pauvre Félix était déjà méconnaissable : meurtri, blessé, une loque... Ses beaux cheveux blonds pendaient lamentablement sur sa figure ensanglantée. Je l’ai même entendu crier : « Maman ! » au milieu de ses souffrances... »

Il est fusillé, sans doute le 13 ou 14 juillet 1944, dans la forêt de Lorges, avec d’autres résistants torturés également à Uzel, proche de trois kilomètres. Le 30 octobre 1944, un anonyme charnier est retrouvé, dans des circonstances décrites dans de nombreuses revues. Son corps a pu être identifié et quelque temps plus tard, une cérémonie religieuse est organisée afin d’offrir une sépulture digne à ce jeune résistant qui fut aussi un fervent chrétien.

Il s'agit là d'un des nombreux résistants que l'on avait sur le secteur. Si vous désirez vous replonger dans cette période consultez le livre "Moncontour au XXe siècle" d'où sont extraites ces informations.

L'ouvrage (15 €) est disponible à l'Office de Tourisme du Pays de Moncontour ou auprès de la Mairie de Moncontour.

Une autre figure de la Résistance : imagetourisme-moncontour.com/index.php?...

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