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Le fonctionnement des moulins à eau

(exemple du moulin de Boguet)

Jusqu'à la moitié du XXe siècle, le moulin à eau était un des seuls moyens de fournir de la farine pour le pain et de l'aliment pour le bétail dans les campagnes de France.
Avant que la roue du moulin de Boguet ne cesse de tourner à la fin des années 1970, il a permis à des générations de Quessoyais de faire vivre leur famille et leur exploitation, souvent modeste.

Le dernier meunier, exerçant à Boguet jusqu'aux années 1960, récupérait les sacs de grains dans les fermes alentour. Une fois au moulin, les sacs étaient montés à l'étage à l'aide d'un treuil entraîné par la force de l'eau afin de verser le grain dans la trémie qui se situait en hauteur. Le contenu tombait ainsi entre les deux meules pour être moulu. Pour la farine, la mouture sortant des meules passait ensuite dans la bluterie pour en éliminer les déchets.

Le moulin de Boguet comportait deux paires de meules ; la première, dite française, servait à la mouture du mélange de céréales (alimentation animale) et la deuxième, dite anglaise, moulait le blé (alimentation humaine). Ces blocs de pierre devaient régulièrement être rayonnés ou « rhabillés » à coups de marteaux pour leur redonner du mordant. La meule supérieure était alors soulevée par une potence à vis pour accéder à la face rugueuse.

Les contraintes du meunier n'étaient pas rares. L’eau ne coulant pas de façon régulière, bien souvent elle arrivait dans le bief en pleine nuit et il fallait alors savoir la saisir lorsqu'elle se présentait. Plusieurs fois, il est arrivé que la glace emprisonne les roues, obligeant ainsi l'homme des lieux à la briser pour continuer à faire tourner les mécanismes.

Depuis ce temps, la roue et les meules de Boguet se sont endormies, laissant la place au rendement industriel. Malgré tout, dans la région, d'autres moulins continuent toujours à moudre quelques sacs de grains à la manière d'autrefois, c'est-à-dire en prenant le temps...

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